samedi 29 mars 2014

The Rock

"Break the rules and you go to prison, break the prison rules and you go to Alcatraz". Ce sont les mots inscrits sur une affiche visible au début de la visite du bâtiment des cellules de la célèbre prison. En bref Alcatraz était la prison réservée aux durs des durs, et notamment à ceux qui avaient tenté de s'échapper des prisons classiques. Le plus célèbre de ses prisonniers fut certainement Al Capone dit "Scarface", d'autres moins connus du public portaient les surnoms évocateurs de "Creepy Karpis", "Machine Gun Kelly" ou encore "Birdman"... 

L'île d'Alcatraz (The Rock) se trouve au milieu de la baie de San Francisco, on la rejoint en une petite demi-heure de bateau depuis Pier 33. C'est une attraction touristique très courue et il faut réserver bien à l'avance pour avoir de la place.

Alcatraz vue depuis le bateau
La traversée offre une vue magnifique sur la ville et sur l'ensemble de la baie. En débarquant on ne peut s'empêcher de penser aux nouveaux prisonniers arrivant dans cet endroit où les seuls droits des détenus étaient d'être habillés, abrités, nourris et soignés. Tout le reste n'étaient que privilèges accordés au bon vouloir des gardiens et après des années de "bon" comportement.

On peut se dire que visiter une prison, voir des cellules vides, un réfectoire, une cour de récréation cernée de miradors où une infirmerie vide, n'est pas des plus passionnant, mais c'est tout l'inverse, l'audio-guide est très bien fait et en passant de salles en cellules et de cellules en couloirs, c'est une véritable aventure humaine qui est contée, celle de la coexistence des détenus, de leurs gardiens et même des familles du personnel qui vivait là.
Une cellule
Insouciance des enfants, heureux parait-il de vivre sur une île et de prendre le bateau chaque jour pour aller à l'école. Quel était le plus difficile à supporter pour les prisonniers ? Les cellules minuscules et sans intimité d'aucune sorte ? Le danger de prendre un mauvais coup de la part des autres détenus dont certains étaient des psychopathes avérés ? La perspective de passer des semaines, des mois où des années en isolement total dans le fameux bloc D dont une partie des cellules pouvait être totalement plongée dans le noir ? Où peut-être était-ce d'être si proche de la liberté, à juste quelques kilomètres de la ville qui brillait de mille feux et dont la clameur s'entendait parfois depuis l'île ?

Au fil de la visite, on se prend presque de sympathie pour certains de ces détenus qui étaient pourtant le plus souvent de fieffé salauds et on se dit aussi que l'histoire racontée par l'audio-guide est peut-être trop belle où trop édulcorée.

Et puis bien sûr, il y a l'évasion rocambolesque de ces trois détenus (en fait il y en avait quatre, mais le quatrième n'a pas réussi à rejoindre les autres) qui ont agrandit la bouche d'aération en bas de leur cellule afin de se glisser dans un espace technique donnant accès au toit du bâtiment.

La cour de récréation
L'ingéniosité déployée pour tromper les gardes et préparer les conditions de l'évasion laisse pantois : réalisation de fausses têtes pour faire croire que les protagonistes dormaient tranquillement durant l'évasion, fabrication de radeaux gonflables à partir de vestes imperméables en caoutchouc, bricolages de toutes sortes et même mise en oeuvre d'un véritable atelier clandestin au dessus des cellules. Des mois de préparation sans que personne ne note quoi que ce soit d'anormal... L'histoire est contée dans le film "L'évadé d'Alcatraz" avec Clint Eastwood, le film prend quelques libertés avec la réalité, mais il est tourné dans la prison et on retrouve bien les différents lieux vus lors de la visite. Ce fut la seule évasion où les fuyards ne furent jamais retrouvés, la thèse officielle est qu'ils se sont noyés dans la baie, mais il subsiste un doute... Une reconstitution a été faite et est très bien relatée dans un documentaire du Smithsonian channel ; il semble qu'en effet, vus les courants de marée et le vent qui soufflait ce jour là, la traversée vers Angel Island était impossible.

La prison d'Alcatraz fut fermée en 1963 après 29 ans de service, non parce qu'elle était considérée comme trop inhumaine, mais parce qu'elle coûtait trop cher !
San Francisco vue depuis le bateau en revenant d'Alcatraz

mercredi 15 janvier 2014

Petit guide pour le touriste amené à conduire en Californie

Tout touriste français débarquant à San Francisco et amené à conduire, a toujours une certaine appréhension en montant dans le train automatique qui le conduit de l'aéroport jusqu'à l'immense bâtiment dans lequel se trouve les loueurs de voitures. En effet, les séries et les films américains nous ont marqués avec des images d'autoroutes très larges et d'échangeurs gigantesques, le tout agrémenté par une circulation très dense et par le passage de voitures de police où de pompiers fonçant toutes sirènes hurlantes... alors qu'en fait, dans la réalité... c'est... exactement cela ! Mais ça se passe généralement très bien, les indications sont claires et le fait que tout le monde roule à peu près à la même vitesse, qui est bien moins élevée qu'en France, donne une impression de sécurité et de confort bien agréable.

Avant de prendre le volant il est toutefois bon de connaître quelques petites particularités du code de la route ou des habitudes de conduite locale... Ceci peut éviter quelques désagréments.

La première chose à savoir est que 90% du parc automobile est constitué de voitures à transmissions automatiques, inutile donc de chercher à louer une manuelle, c'est quasi-introuvable et surtout beaucoup plus cher. Une fois que l'on a essayé, on y prend vite goût, mais les premiers kilomètres sont parfois un peu rude, surtout après 11h de vol et avec 9h de décalage horaire. Donc, on colle son pied gauche le plus loin possible de la pédale de frein et on fait en sorte de ne plus le bouger. La grosse gaffe, c'est d'essayer d'enclencher la 3ème quand on accélère pour rentrer sur l'autoroute. Généralement, dans son élan, le pied gauche rencontre la pédale de frein. Quant au levier de vitesse, au mieux il se retrouve au point mort (Neutral). Très désagréable... mais ça réveille !

Deuxième gaffe (ça m'est arrivé) : sortir de la voiture pour attraper quelque chose en laissant le levier de vitesse sur "Drive", la voiture avance alors toute seule... sans vous...

Bon ça y est... vous êtes à l'aise avec la boîte automatique et vous savez maintenant qu'il est impossible de retirer la clé de contact tant que le levier n'est pas sur "Parking"... les choses sérieuses commencent...

Sur l'autoroute on peu rouler dans la file de son choix et doubler à droite comme à gauche, l'utilisation du rétroviseur est donc hautement conseillée, sauf que les files étant plus larges que chez nous, les véhicules derrières vous peuvent rester dans un angle mort beaucoup plus longtemps et on ne les voit qu'au dernier moment quand on commence à déboîter. Le manuel du code de la route californien insiste beaucoup sur la nécessité de regarder par dessus son épaule pour s'assurer que la voie est libre. La plupart des accidents que nous avons vu sur les autoroutes étaient visiblement consécutifs à des changement de files mal contrôlés.

En ville, les "4 stops" sont une spécialité américaine un peu déroutante au premier abord ; il s'agit de carrefours de quatre rues ayant toutes un stop. Arrêt obligatoire, puis chaque voiture passe chacune à son tour dans l'ordre d'arrivée, et gare à vous si vous manquez votre tour, cela désoriente les autres conducteurs et plus personne ne sait quand passer... d'où klaxon et énervement...

Les feux rouges sont toujours positionnés de l'autre côté du carrefour par rapport à vous. Comme indiqué dans le Guide du Routard, c'est un concept que l'on assimile très vite après s'être trompé une fois et s'être arrêté juste devant le feu rouge, c'est à dire au milieu du carrefour !

Les américains et peut-être encore plus les américaines sont très intolérants par rapport aux petites fautes que l'on peut faire en conduisant, ne soyez donc pas surpris et pas trop choqué si une dame baisse sa vitre et vous traite de "ass hole" qui est l'équivalent de notre "connard" bien français.

En Californie, à moins qu'il y ait une indication contraire, il est autorisé de tourner à droite lorsque le feu est rouge. Cela donne au touriste une délicieuse sensation  de violer un interdit, mais gare au retour en France : "j'vous  jure monsieur l'agent, je reviens de San Francisco..."

Il y a deux choses à savoir qui ne sont pas évidentes et qui vous expose vraiment à un "ticket" : 
  • Dans une rue en pente, même modérée, il faut braquer ses roues de manière à ce que la voiture se bloque si les freins lâchent. Quand vous aurez visité San Francisco vous comprendrez pourquoi les policiers sont intransigeants sur l'application de cette règle. Donc, le long d'un trottoir si la rue monte, on braque ses roues vers la rue, si la rue descend on braque vers le trottoir.
  • La deuxième chose concerne les bus de transport scolaire, vous savez les trucs hors d'âge peint en jaune... Quand un bus fait flasher ses feux rouges, ils faut impérativement s'arrêter, que vous suiviez le bus ou que vous arriviez en face.

Les piétons sont toujours prioritaires, même s'ils traversent à un carrefour non équipé d'un passage protégé, et cette règle est respectée !

Ne soyez pas surpris non plus de voir écrit sur la route "Ped Xing" il ne s'agit pas de chinois... c'est l’abréviation de "Pedestrian Crossing" (le X représentant une croix qui se dit "Cross"...) c'est l'équivalent d'un passage protégé, mais sur une zone plus étendue.

Ah ! et un dernier conseil, si malgré tout vous êtes arrêtés par la Highway Patrol, rangez-vous sur le bord de l'autoroute, baissez votre vitre, ne sortez surtout pas de la voiture et laisser les mains sur le volant. Demandez également aux passagers de laisser leurs mains bien visibles. N'oubliez pas que nous sommes aux États-Unis et que la police suppose que vous êtes armés.. le problème c'est que eux aussi le sont !

  


dimanche 5 janvier 2014

Death Valley

Patricia et moi aimons beaucoup l'ambiance particulière et les paysages minéraux du désert. Après avoir été à Red Rock Canyon durant le week-end de Thanksgiving, nous sommes allés passer quelques jours dans la Vallée de la Mort. Death Valley se situe au sud-est de San Francisco dans la direction de Las Vegas. C'est un trajet de 850 km durant lequel on traverse la "Central Valley" et ses immenses champs et vergers, parsemés de puits de pétrole, on oblique ensuite vers l'est pour contourner la Sierra Nevada et on remonte au nord en traversant le désert Mojave. 
Death Valley aux environs de Bad Water, son point le plus bas
Il ne faut pas imaginer Death Valley comme étant une petite vallée perdue, c'est en réalité quasiment aussi grand que trois fois la Haute-Savoie ! Death Valley est l'endroit le plus bas d'Amérique du Nord (86 mètres sous le niveau de la mer) et le plus chaud de la planète (57 degrés Celsius enregistrés à Furnace Creek en 1913 et 94 degrés Celsius pour la température du sol). L'extrême sécheresse qui peut atteindre 4% d'humidité relative, et la chaleur intense sont dues à la situation géographique de la vallée, coincée entre de très hautes montagnes qui bloquent l'humidité venue de l'océan.

Avant d'atteindre Death Valley, il faut d'abord passer un premier massif montagneux, traverser la Panamint Valley (sorte de Death Valley bis mais un peu plus haute), puis repasser un massif montagneux avant d'atteindre Stovepipe Wells puis Furnace Creek ou nous avions décidé de planter notre tente. Comme dans tous les parc nationaux, les places de campings sont immenses, relativement peu chères (14$ la nuit) et ici, suprême luxe, les toilettes sont munies de chasses d'eau (normalement ce type de camping est équipé de toilettes sèches) !

Furnace Creek est un minuscule lieu-dit, organisé pour le tourisme et, à l'image de l'Amérique, plus fort que la nature ; on a beau être au milieu du désert, les palmiers poussent et les golfs des hôtels de luxe verdoient ! Je ne sais pas quelles rivières ont été détournées mais il est certain que ce n'est pas l'eau de la vallée de la mort qui alimentent les robinets, vu qu'il n'y en a point !

Entre Golden Canyon et Zabriskie Point
Les endroits très touristiques comme "Devil's golf course" où "Bad Water", le point le plus bas de la vallée, méritent le détour car les concrétions salines et les grandes étendues toutes blanches sont très étonnantes, mais c'est vraiment dans l'exploration des nombreux canyons que l'on découvre les plus beaux paysages.

La balade entre Golden Canyon et Zabriskie Point offre des paysages à couper le souffle. Les couleurs notamment sont d'une diversité incroyable. On a du mal a trouver une structure organisée dans la géologie du lieu, on a vraiment l'impression que tous les matériaux ont été jeté en vrac puis plissé dans tous les sens.

Salt Creek
Malgré l'aridité du lieu, il y a tout de même un peu d'eau dans la Vallée de la Mort, la balade "documentée" ("interpretive trail") autour du ruisseau de Salt Creek est très intéressante et montre comment la vie s'est adaptée à des conditions extrêmes, un poisson, le Pupfish arrive à survivre dans les quelques mares extrêmement salées qui subsistent durant l'été. Quelques oiseaux, lézards, fourmis, etc. sont également visibles et s’accommodent de l'environnement pour hostile qu'il soit. 


Quand on visite Death Valley en plein hiver, en touristes bien équipés, on ne peut s'empêcher de penser aux pionniers qui se sont retrouvés là avec leurs chariots après avoir déjà surmonté bien des difficultés. On imagine le découragement de se retrouver face à cette fournaise et face à ces immensités infranchissables. J'imagine que quelques aventuriers ont dû explorer canyons après canyons pour trouver les passages et découvrir l'unique point d'eau potable à Stovepipe Wells, ainsi nommé car un tuyau de poêle avait été fiché en terre afin de repérer le puits qui se trouvait régulièrement recouvert par le sable. Les éclaireurs ont dû par la suite devenir des passeurs aidant les convois à franchir la vallée contre rémunération... Je ne sais pas si des historiens ou chercheurs d'histoires se sont penchés sur le sujet, mais je suis persuadé qu'il doit y avoir là de belle tranches de vie à découvrir.

Entrée d'une mine de borax près de Zabriskie point
La cupidité des hommes a aussi trouvé dans la Vallée de la Mort un terrain où s'exprimer, les sels minéraux déposés au cours des siècles contenait du borax où borate de sodium, composé ayant de multiples usages et vendu fort cher. De nombreuses mines furent creusées et exploitées par des ouvriers chinois maintenus en semi-esclavage et d'énormes fours à charbon de bois furent installés dans les montagnes environnantes afin de fournir l'énergie nécessaire à la purification du borax. Le borax lui même était acheminé dans des chariots tirés par une vingtaines de mules. Cette exploitation ne dura que quelques années mais de nombreuses entrées de mines sont encore visibles aujourd'hui et il n'est pas recommandé de s'y aventurer.

Nous avons refait une partie du trajet des pionniers en sortant de la vallée par Emigrant Pass. Là encore le contraste est saisissant car en moins de trente minute on sort du désert et on se retrouve dans la neige ! Pensée encore pour les pionniers...

Nous avons finalement terminé notre périple an passant dans Panamint Valley et en allant visiter le village quasi-fantôme de Ballarat avec son magasin, bistrot, musée tenu par le dernier habitant, personnage haut en couleur, heureux d'être l'ultime témoin d'une époque maintenant révolue.
Ballarat


























Toutes les photos sont visibles ici.

samedi 7 décembre 2013

Red Rock Canyon

La semaine dernière, alors que la plupart des américains mangeaient en famille la traditionnelle dinde géante de Thanksgiving, nous profitions de ce long week-end pour aller camper dans le désert Mojave et plus précisément à Red Rock Canyon.

Red Rock Canyon est un "State Park" c'est à dire qu'il est géré par l'État californien. Assez curieusement alors que dans bon nombre de parc, les visiteurs sont juste tolérés sur des chemins bien balisés, à Red Rock il y a peu de chemins et le parc se découvre par une exploration "hors pistes" en pleine nature, toute une partie du parc n'étant d'ailleurs accessibles qu'en 4x4 ou en motos-cross pour la plus grande joie des amateurs de sensations fortes.

Il y a 10 millions d'années, un lac se trouvait à la place de Red Rock Canyon. Suite à des mouvement tectoniques, le fond du lac s'est soulevé et a basculé en exposant de large plaques sédimentaires. Le pendage à 17 degrés des couches géologiques est d'ailleurs bien visible sur l'ensemble du relief. L'érosion a ensuite fait son oeuvre, creusant et ciselant les roches tendres pour former des canyons dans lesquels l'eau s'engouffre lors des rares mais intenses orages. La combinaison désert, grès rouges et érosion donne un paysage martien d'une beauté à couper le souffle.

Le "Ricardo Campground" qui a servi tour à tour d'étape pour les pionniers qui avaient survécus à la traversée de la vallée de la mort, de relais de diligence et de camp de chercheurs d'or, offre maintenant une cinquantaine de places de camping "à l'américaine", c'est à dire immenses, équipés d'une solide table et d'un large emplacement pour le traditionnel feu de camp. C'est ce que les américains appellent "primitive campground", car les sanitaires se résument à des toilettes sèches et à un point d'eau froide. On appelle aussi ces campings : "first in first served" car il n'est pas possible de réserver, s'il y a de la place, tant mieux, sinon il faut chercher ailleurs où convaincre un autre campeur de partager son emplacement. Cette fois, il y avais plein de place et nous avons planté notre tente aux pieds des falaises, non loin de l'endroit où nous avions fêté les 9 ou 10 ans de Korentin lors de notre premier séjour aux US.

La plante emblématique du désert Mojave est le Joshua tree ou yucca brevifolia qui s'épanouit sur ces terrains rocailleux en prenant des formes plutôt biscornues.

D'un abord très sec et minéral, Red Rock Canyon recèle en fait toute une flore adaptée à la sécheresse. Il pleut très rarement, mais quand la pluie tombe, les canyons se transforment en torrent et cascades et le terrain sableux emmagasine l'humidité, c'est alors la course contre la montre pour les végétaux qui sortent d'une sorte de mise en sommeil afin de pousser, fleurir, germer, ... avant que le soleil de plomb ne les forcent à utiliser toutes sortes d'artifices pour économiser la moindre trace d'humidité jusqu'à la prochaine pluie. 
Lorsque nous sommes allés à Red Rock Canyon, il avait plu la semaine d'avant et nous avons pu contempler toute cette vie qui reprenait : petites fleurs colorées, feuilles des plantes exhalant des essences hyper volatiles et odorantes, sol des oueds qui se craquelle sous la poussée de graines en train de germer, lichens colorés sur les rochers....

La faune par contre était fort discrète, nulle trace par exemple du "Roadrunner" le Bip-Bip de Tex Avery dans Wile E. Coyote, que nous avions pourtant vu à plusieurs reprises lors de notre dernier séjour. Renseignements pris au "visitor center", la sécheresse exceptionnelle de cette année aurait été fatale à de nombreux animaux.

Ceci étant, de nombreux trous, restant de nids et traces diverses, laissaient supposer que toute une faune était encore présente, tapie discrètement dans quelques recoins frais et humide.

Un regret : ne pas avoir trouvé les pétroglyphes tracés par les indiens. Il y en a parait-il de très beaux, mais la "ranger" du "visitor center" nous a expliqué qu'elle n'a pas le droit de dire où ils se trouvent afin de les protéger des dégradations. Si quelqu'un sait où ils se cachent, nous serions ravis d'avoir le tuyau !





























L'album photo complet est visible ici.

samedi 23 novembre 2013

Chicago Bulls versus Denver Nuggets

Cette semaine j'étais à Denver dans le Colorado pour participer à la conférence Supercomputing. Je ne suis pas spécialement amateur de sport, mais l'occasion s'est présentée d'assister à un match de basket de la NBA opposant les Chicago Bulls aux Denver Nuggets et je n'ai pas regretté ma soirée.

Le match avait lieu au Pepsi Center, aussi connu sous le pseudonyme de "The Can" (la canette). Il s'agit d'un complexe sportif de 20 000 places qui était quasiment plein ce soir là.

Le match lui même était de très haut niveau, c'est vraiment hallucinant de voir ces grands gaillards traverser le terrain en quelques enjambées et arriver à déjouer la défense en faisant suivre au ballon une trajectoire complètement improbable - du moins pour un novice comme moi - qui mène quasiment à tous les coups au panier. Ça joue très vite, très bien et c'est finalement très beau à regarder.
Le public commence à remplir les gradins du Pepsi Center à Denver
Au delà de l'événement sportif, c'est surtout tout un spectacle à l'américaine. Tout est orchestré à la seconde près pour le show. Avant le match les démonstrations de gymnastiques faites par de petites gamines "extra souples" précèdent la chorégraphie des traditionnelles pom pom girls (Cheerleaders). Ensuite l'hymne américain est chanté par une cantatrice pendant que des jeunes font ondoyer un immense drapeau déployé à plat au dessus du terrain. Et elle a un sacré coffre la cantatrice ! Ça vous donne des frissons partout...

Chaque temps mort du jeu est comblé par des jeux ou des animations publicitaires, on peut gagner une voiture ou un autocuiseur pour dinde de Thanksgiving ! Il y a même des petits dirigeables (comme la camionnette gonflable sur la photo ci-dessus) qui se baladent au dessus des gradins. 

Rocky, la mascotte des Denver Nuggets
Bien entendu tout cela est animé par Rocky, le lion de montagne mascotte des Nuggets. Il gagne parait-il très bien sa vie, mais il faut reconnaître qu'il se démène le lion, enchaînant les malices et les démonstrations de basket (il réussira notamment à marquer depuis le milieu du terrain en lançant la balle le dos tourné au panier). 

Régulièrement, les caméras retransmettent sur les écrans géants des gros plans d'un public tout heureux d'être filmé, c'est alors le festival de ceux qui dansent le mieux, des couples qui s'embrassent le plus tendrement ou tout simplement de ceux qui ont les yeux dans le vague car ils n'ont pas vus qu'ils étaient filmés.

Et au milieu de tout cela, toujours durant un arrêt de jeu, l'hommage rendu par 15 000 personnes à un vétéran dont on énonce les états de service. C'est un spectacle à l'image de l'Amérique, excessive, commerciale, mais sincère et tendre. J'ai beaucoup aimé !

Ah oui et au fait, les Nuggets ont gagné par 96 à 86 et Joakim Noah, chez les Bulls a très bien joué en début de jeu, moins bien après...

dimanche 20 octobre 2013

Government Shutdown

Parfois en tant qu'expatriés en Californie nous sommes témoin d'événements qui nous montrent à quel point le fonctionnement de la société aux États-Unis est différent de celui que nous connaissons en France. Ce fut le cas ces deux dernières semaines avec le "shutdown" du gouvernement fédéral.

Vu de France on imagine souvent le gouvernement fédéral et en particulier le Président des États-Unis doté d'un pouvoir immense, c'est certainement vrai dans beaucoup de domaines, notamment militaire, mais le pouvoir de la Chambre des Représentants et du Sénat est sur bien des sujets encore plus important. Le fait qu'il n'existe pas d'équivalent au fameux article 49.3 de la constitution de la République Française empêche le gouvernement des États-Unis de passer en force en engageant sa responsabilité (au risque d'être censuré bien sûr). Ici comme en France le budget fédéral fait l'objet d'une loi qui doit être votée par l'assemblée, mais comme on l'a vu, s'il n'y a pas d'accord entre le gouvernement (en fait le Président) et la chambre des représentants, le budget n'est pas voté et le gouvernement, faute d'argent, s'arrête de fonctionner. Il en est de même avec le plafond la dette américaine qui ne peut en aucun cas être dépassé sans passer par une loi. Normalement, ce mode de fonctionnement est plutôt démocratique puisqu'il oblige les partis à se mettre d'accord par voie de négociation. C'est d'autant plus vrai actuellement, puisque la Chambre des Représentants est à majorité républicaine et le sénat démocrate. 

Là, faute d'accord le gouvernement s'est donc retrouvé sans budget et aux États-Unis quand on n'a plus de budget on arrête de travailler. C'est une notion assez difficile à comprendre pour des français pour qui (du moins pour moi) il est inconcevable que l’administration s'arrête de fonctionner. Deuxième point "étrange" quand les fonctionnaires ne peuvent plus travailler, ils ne sont plus payés ! Comme ça... du jour au lendemain... cette situation de chômage technique est qualifiée de "furlough" en anglais.

Là où les choses deviennent carrément surréalistes pour un français, c'est que les gens râlent à peine et restent chez eux en attendant la réouverture des administrations. J'imagine la même situation en France :-)
La réalité des choses est toutefois plus complexe et je ne suis pas certain d'avoir complètement compris. Le fait est que les parcs et monuments nationaux ont tout de suite fermé leurs portes, certains ont ré-ouverts avec un financement spécial des États concernés, comme le Grand Canyon par exemple. Les choses sont très pragmatiques ici ; si les grands parcs sont fermés il y a moins de touristes pour dépenser de l'argent et il y a moins de taxes qui rentrent dans les caisses des États, le calcul est vite fait : cela revient moins cher de financer la réouverture des parcs que d'attendre que la Chambre des Représentants veuille bien voter une loi, et en quelques jours les fonds ont été débloqués.

En allant nous promener à Tennessee Beach dans Marin Headlands nous avons constaté quelque chose de bien curieux : Le parc était accessible à pieds mais les "facilities" ne fonctionnaient pas (parking fermé, toilettes non nettoyées (beurk !), ...). Un garde était payé toute la journée pour empêcher les voitures d'accéder au parking, mais comme on est aux États-Unis et qu'on ne veut pas d'accident, les bas côtés de la route avaient été aménagés afin que les voitures puissent se garer. Nous n'avons pas vraiment compris la logique de la chose...  

Le laboratoire dans lequel je travaille est financé par le DOE (Department of Energy), il aurait donc dû s'arrêter, mais en fait non car il y avait, parait-il suffisamment de réserve en banque (oui, oui, l'argent des labos est à la banque !) pour fonctionner pendant 6 semaines. Par contre, la NASA s'est arrêtée immédiatement. Je ne peux pas croire que la NASA fonctionne sans aucune réserve, je pense plutôt qu'il était important de frapper l'opinion publique en fermant cette organisation emblématique. Du côté de mon labo, les conséquences ont été un arrêt total de la communication vers le public, et l'interdiction de voyager sauf cas très particulier, par contre tout le restant a continué à fonctionner comme si de rien n'était. Plus grave par contre, le projet LSST devait passer une revue déterminante pour son financement, celle-ci est reportée à une date ultérieure en raison du "shutdown".

Les choses sont maintenant reparties, le budget est débloqué, le plafond de la dette relevé, l'administration fédérale fonctionne, John Boehner, le Président républicain de la Chambre des Représentants semble avoir pris une grosse claque... Mais est-ce si sûr ? N'en sort-il pas renforcé politiquement ? J'avoue que ma méconnaissance de  la politique US ne me permet pas de répondre à cette question. De même, je n'ai pas encore tranché sur le fait de savoir si ce mode de fonctionnement surréaliste pour un français est une leçon de démocratie ou bien le signe que quelque chose ne fonctionne vraiment plus ici. En tout cas, cette crise a permis à la Chambre et au Sénat d'entamer des négociations sur le budget qui vont se poursuivre jusqu'en janvier, date à laquelle un nouveau vote devra avoir lieu, c'est un fait notable car depuis des mois, c'est un dialogue de sourds qui prévalait. Nous verrons donc au début de l'année prochaine si un accord est trouvé ou si on repart pour un nouveau "shutdown".

On pourra lire ici une analyse très intéressante du "shutdown" publiée sur le site de l'école de droit de L'Université de Stanford.


mercredi 2 octobre 2013

Redwood burl

De notre visite de la forêt de Muir Woods nous avons ramené un morceau de nœud de tronc de séquoia sempervirens (coastal redwood). Rassurez vous, nous ne l'avons pas pris sur un arbre du parc mais simplement acheté au "visitor center". Les redwoods ont cette particularité de pouvoir engendrer des rejets à partir d'un simple morceau de tronc, c'est là l'une des techniques que cet arbre a développé pour faire perdurer l'espèce. Ces rejets jaillissent notamment après qu'un feu a ravagé la forêt.

Nous avons placé notre "burl" dans un récipient avec un fond d'eau et en 10 jours les petits redwoods ont déjà bien poussé, jugez plutôt...

23 septembre 2013

2 octobre 2013
Nous mettrons de temps en temps des photos de nos séquoias et nous verrons ce qu'ils seront devenus dans deux ans...